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Les Survivants – Prequel

« Au commencement, nous étions presque 8 milliards à vivre ici. Aujourd’hui, en 2040, qui sait combien il en reste ? 1 ou 2 milliards ? 5 milliards ? Les sociétés de sondages n’existent plus. Plus rien n’existe. La terre est morte, la vie d’avant avec. Il ne reste que nous, des survivants. 

Une putain de fin du monde. »

Jour 1096 – Journal d’une survivante – Amy Wang

                 Depuis déjà 10 ans, on avait atteint le point de non retour. Celui que personne ne voulait voir. Alors on a continué comme ça, tête baissée. En ignorant ce qui était en train de se passer sous nos yeux : l’épuisement des ressources, le manque d’eau, les terres inexploitables, la poussière…

                 Lorsque les gouvernements ont commencé à prendre des décisions, personne n’aurait pu être sauvé. Alors, ils ont créé des virus. Des virus mutants et puissants permettant de rendre plus robustes nos plantations et nos ressources. Mais c’était sans compter une chose : « La vie trouve toujours un chemin ». Comme avait l’habitude de le dire un héros d’un film des années 80 que j’adorais quand j’étais jeune. Dans ma vie d’avant.

                 Bref, un de ces virus « nouvelles générations » a muté et a commencé à contaminer l’Homme et alors, nous n’avons rien pu faire. Tout s’est passé si vite. Les gens ont commencé à devenir fou. Le point de départ, c’était Paris. Mais c’était loin, alors personne n’y a vraiment cru. Les virus, les épidémies, y en avait déjà eu depuis des années et des années. Mais c’est toute l’Europe qui a fini par tomber. On parlait de dizaines de milliers de morts. Ensuite, ça a été le tour de l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique noire, l’Australie, l’Amérique latine et les USA et petit à petit, il ne restait plus personnes.

                 Puis c’est arrivé chez nous. La première fois que j’en ai vu un, j’ai compris qu’il s’agissait d’un présage de mort et que mon temps était compté. J’étais avec ma femme et ma fille, Amy. Elle n’avait que 15 ans. Je rentrais chez moi après avoir fait le plus de courses possible, les informations martelaient partout à la radio qu’il ne fallait pas sortir, qu’il fallait garder des provisions et rester enfermé jusqu’à ce que l’armée viennent nous chercher et évacuer notre zone. Nul d’entre nous prenait encore réellement conscience de ce qui était en train de se passer.

                Mais la vérité m’a explosé au visage comme du M4 dans une station d’épuration. Je tournais à l’angle de ma rue quand je l’ai vu. Ma voisine, à genoux par terre, complètement hystérique et en pyjama. Elle était en train de manger son mari, éventré, à même le sol. J’ai soudainement eu une envie de vomir. Une nausée qui ne passerait plus jamais j’en étais sûr. Je ne sais pas ce qui m’a pris, la colère peut-être, l’adrénaline ou simplement la stupidité mais j’ai attrapé une barre de fer par terre et j’ai couru vers cette chose… et alors qu’elle tournait vers moi ses yeux blancs et vides, je lui ai fracassé le crâne avec une violence inouïe. Une partie de sa tête vola plusieurs mètres plus loin et je savais que cette immondice ne boufferait plus personne. De toute façon, elle avait toujours été une emmerdeuse dans le quartier avec ses pots de fleurs impeccables, son sourire condescendant et ses pétitions contre les chiens dans la rue. Elle avait eu une fin à la hauteur de ce qu’elle nous avait donné depuis des années !

                 Passé le choc de ce que je venais de faire (exploser le crâne de sa voisine : on ne fait pas ça tous les jours), je courus jusqu’à chez moi avec une seule chose en tête : ma fille et ma femme. On devait quitter ce merdier le plus vite possible. Les villes ne seraient bientôt que des lieux de désolation et de carnage.

                 J’ouvris la porte. Ma femme avait toujours été plus courageuse que moi et certainement plus rapide. Elle avait toujours deux coups d’avance sur le monde entier et cette fois encore, je savais qu’elle serait à la hauteur, plus que n’importe qui. Elle avait déjà anticipé ce que j’allais lui dire et avant même que je m’effondre sur le sol pour lui raconter ce qui en était en train de se passer dehors, elle me montra les sacs qu’elle venait de faire : la bouffe qu’elle venait d’empaqueter, les bidons d’eaux et surtout les armes. Nous n’avions pas d’armes à feux chez nous mais elle avait pris tout le reste : battes de baseball, couteaux de cuisine, outils de jardins… Tous ces objets du quotidien devenaient aujourd’hui nos biens les plus précieux.

– Il faut partir. Vite. Ce sont les seuls mots que j’ai réussi à lui dire avant de vomir.

– Je sais. Prépare la voiture, je descends les affaires. On va devoir prendre les petites routes. J’ai eu Max et Olivia au téléphone, ils sont bloqués sur l’autoroute et ils ne savent pas pour combien de temps.

– Où est Amy ?

– Elle finit de préparer ses affaires. Elle est très affectée, son amie Rosa… elle s’est faite mordre par son père… Je te laisse imaginer la suite.

– Dehors, ça va devenir une horreur. Les gens, même ceux qui ne sont pas infectés, ils vont devenir fou. Il faut qu’on passe inaperçu. Elle doit se couper les cheveux et toi aussi. Mettez des vêtements neutres et des casquettes.

– Et puis la voiture, ça va vite devenir un objet de convoitise. Il va falloir partir et se cacher. Mais où ?

– Chez tes parents, à la campagne. Pour le moment c’est notre meilleure option. Les zones isolées, avec le moins d’humains possible.

– Mais l’armée… ils ne nous trouveront…

– Oublie l’armée. Ils ne viendront pas ou alors ils nous parqueront dans des zones de quarantaine et quand les moyens financiers manqueront, ils nous abandonneront.

– Et pour nos familles ? On fait quoi ?

– Il va falloir économiser nos batteries… tu as pris les batteries externes de voyages ? On ne sait pas pour combien de temps encore on aura de l’électricité…

– Elles sont à bloc. J’envoie un SMS à ta sœur, mes frères et nos parents. Je leur dis de se retrouver chez mes parents d’accord ? Après ça, je coupe les téléphones pour la batterie.

– Il faut y aller.

– Alors allons-y.

                 Amy a coupé ses cheveux sans réfléchir. D’habitude elle pouvait partir en crise de larmes pour deux cm de trop chez le coiffeur. Mais aujourd’hui, elle les a coupé, comme une adulte, avec une maturité dans le regard déconcertante pour nous, ses parents. Alors qu’elle coupait ses précieuses mèches le plus court possible, j’ai vu l’innocence dans ses yeux s’éteindre petit à petit. Tout allait plus vite pour les adolescents. L’espace temps n’était pas le même. Et aujourd’hui, c’est comme si elle avait compris plus rapidement que nous qu’il n’y aurait plus jamais de retour en arrière. Elle a coupé ses cheveux, elle a fait son lit et elle a éteint sa chambre calmement avant de nous rejoindre. Peluches, photos, souvenirs, il a fallu tout laisser derrière nous.

                 Dans la voiture, personne ne parlait. J’avais mis des serviettes aux fenêtres. Je voulais la protéger encore un peu. Je ne voulais pas qu’elle voit ce qu’il se passe autour d’elle : les corps, le sang, les gens, les cris. Nous roulions doucement et nous essayions d’éviter les assauts de ceux qui voulaient monter dans la voiture. Nous prenions toutes les petites routes que nous connaissions.

– Ecoute moi Amy, lui lança sa mère d’un ton déterminé, si jamais tu te retrouves seule : tu ne dois pas essayer de nous chercher, compris ?

– Mais je ne serais pas seule.

– Ecoute-moi s’il-te-plaît. Ne retourne jamais en arrière C’est bien compris ? Trouve une ou deux personnes en qui tu as confiance et pars avec eux, allez vers la campagne mais ne restez pas en ville. S’ils ne veulent pas partir : laisse les et trouve quelqu’un d’autre. Tu dois trouver un endroit isolé et peu peuplé. D’accord ? Sois furtive et discrète. Habille toi comme un garçon et ne t’arrête jamais. Le mouvement, c’est la vie tu m’entends ? Ne reste jamais trop longtemps au même endroit. Car une fois la routine installée, tu perdras ta vigilance. Et tant que tu ne sais pas ce qu’il se passe ici : tu dois rester sur tes gardes.

– D’accord, je le serais.

– Quand tu arriveras dans un endroit nouveau : fouille le de fond en comble. Tu ne dois jamais te laisser surprendre. La moindre tente ou buisson ou sac, tu dois tout regarder, connaître absolument chaque terrain sur lequel tu vas. Promets-moi que tu feras tout ça.

– Je te le promets.

                 Je roulais au pas. Nous étions derrière l’hôpital. Proche du parking visiteur. On n’aurait pas dû passer par là mais étant psychologue ici, alors j’avais un pass d’accès. La zone de l’hôpital nous permettrait de contourner le centre ville et de gagner du temps. Mais je sentais qu’ici quelque chose ne tournait pas rond. Je lança à ma femme :

– Il se passe quelque chose ici.C’est trop calme. C’est un hôpital, les gens devraient tout faire pour entrer dedans… Elle savait comme moi que ce calme avant la tempête n’augurait rien de bon.

                 J’échangeai un regard inquiet avec ma femme.

                 Je déboulai sur le deuxième parking, celui proche des portes d’entrées et un étrange spectacle se dévoila sous nos yeux. Des dizaines de personnes à genoux, les mains en l’air. Certaines portant des blouses, d’autres non. Je reconnus des médecins, des patients… Devant eux, des militaires en combinaison intégrale, arme automatique au poing. Un homme un peu plus âgé en blouse blanche semblait essayer de discuter avec un des militaires, il lui brandit un appareil qui ressemblait à un thermomètre ou quelque chose dans le genre. Mais son interlocuteur ne lui répondit pas. Je sentais que je ne devais surtout pas m’arrêter mais je me retrouvai rapidement bloqué par un barrage.

                 Je m’apprêtais à sortir de la voiture pour demander ce qu’il se passait quand les détonations tombèrent comme des coups de fouets dans l’air. Les militaires tiraient et abattaient tous ceux qui étaient à genoux sous le regard médusé du médecin au thermomètre, qui finit par les rejoindre quelques minutes plus tard dans une mare de sang. Le temps s’arrêta et je restai médusé, incapable de réagir. Ils devaient être une centaine à genoux et là, plus personne, plus rien. Les militaires n’avaient pas hésité une seconde : ils en avaient eu l’ordre. Evacuation de la ville, mon cul ! Il s’agissait ici d’une exécution en bonne et due forme. Ils devaient être contaminés. Ils étaient sûrement contaminés. Je n’arrêtais pas de me répéter ces phrases dans ma tête comme un mantra pour légitimer ce que je venais de voir.

                Mes pensées furent soudainement arrachées par la voix de ma femme. Retour à la réalité. Elle hurlait et m’ordonnait de rouler. Tant pis pour le barrage, cria-t-elle.

-Il faut avancer coûte que coûte ! On doit passer. Ils vont nous faire la même chose !

                 Ni une, ni deux, j’appuyai sur le champignon et je fonçai dans les barrières. Ma fille derrière ne disait pas un mot. Elle a simplement soulevé la serviette et elle ne put détacher son regard de cette scène macabre. Je me disais qu’elle n’aurait jamais dû voir ça. J’avais beau foncer, je sentais la voiture partir sur le côté et je savais ce qu’il venait de se passer : ils venaient de tirer sur nos pneus. Ils ne voulaient prendre aucun risque et ils se rapprochaient de nous.

– SORTEZ DE LA VOITURE, hurla un des militaires, son arme déjà pointée sur nous.

– On n’est pas infecté, on n’est pas infecté ! On va sortir, lever les mains et on va leur dire ça ok ?

– Tu ne comprends pas, me répondit ma femme, lasse.  On n’aurait jamais dû être ici…

-Tu vas t’échapper, d’accord ? Avec Amy. Vous allez sortir de ce côté, vous vous baissez et vous allez courir sans vous retourner. Dans 500 m, vous aurez atteint le centre ville et vous serez noyées dans la masse.

Je lui donnais le sac d’armes et celui de nourriture. Un chacun à porter.

– Mais tu peux pas nous laisser ! Maman, dis quelque chose ! Tu dois venir avec nous ! Me supplia ma fille. Ça me déchirait le cœur mais j’étais sûr de moi.

-Amy, écoute-moi, si je peux, je vous rejoindrai et je vous retrouverai mais je dois les distraire pour que vous puissiez vous échapper. Gagner du temps, tu comprends ?

                 Ma femme ne disait rien car elle savait que j’avais raison. Si je ne m’étais pas proposé, elle l’aurait fait de toute façon. Je sortis du véhicule les bras en l’air pendant que mes deux femmes essayaient de sortir de l’autre côté.

– Je ne suis pas infecté ! Ne tirez pas ! On voulait juste quitter la ville. Je travaille ici, je suis psychologue.

– Monsieur, nous allons devoir procéder à un examen médical avant de vous laisser partir. Ordre du gouvernement.

– Tout ce que vous voulez.

                 Je commençais à m’avancer, presque rassuré : dès qu’ils constateraient que je n’étais pas infecté, je pourrai repartir. Mais alors, j’entendis crier. Une voix que je connaissais trop bien. Celle de ma femme. Je me retournai et je vis alors non pas un infesté, mais une bonne cinquantaine qui marchait vers nous et ma femme, prise au piège. Elle tentait de se débattre et de grimper à un arbre mais c’était trop tard, ils l’avaient déjà eu. J’hurlai, je pleurai.

                 Je ne voyais plus ma fille du regard. La fusillade des militaires avaient dû tous les attirer par ici. J’eus juste le temps de voir ma femme se faire attraper par une de ces choses lorsque je sentis la balle me transpercer. Les militaires avaient ouvert le feu dans le but de nettoyer la zone : vivants compris. Je savais que c’en était fini pour moi. Mais je devais tout de même m’assurer qu’Amy était en sécurité.

                 Le militaire qui m’avait tiré dessus venait de se faire bouffer dans la foulée par une de ces horreurs. Je récupérai son arme et je tirai sur tous les infestés que je voyais. Ça les attirait vers moi et ça permettait de les ralentir dès que je parvenais à les toucher. Je devais faire gagner du temps à Amy. Je tournais la tête une dernière fois la tête et je la vis rentrer dans le local poubelle de l’hôpital. Elle portait les deux sacs de sa mère. Elle tenait bien d’elle, ma fille c’était une guerrière. Je fermai les yeux pour une toute dernière fois avec la certitude qu’Amy était une survivante.

                 Je crois que je me suis évanouie tout de suite après avoir vomi. Sous une benne dans le local poubelle de l’hôpital. Mais pendant combien de temps ? Impossible à dire. Les bruits des balles avaient cessé, je n’entendais plus rien. Ni les militaires, ni les « zombies », plus rien. Mon père, ma mère, ils étaient morts. Je ne les reverrais plus jamais. Les larmes coulaient sur mon visage. C’est alors que la porte s’ouvrit. Je brandis un couteau de cuisine trouvé dans un des sacs. Mais les deux ombres qui venaient d’apparaître pointaient un pistolet dans ma direction.

– EST CE QUE TU ES INFESTÉE ? Me demanda l’ombre la plus importante.

                 J’avais tellement la trouille que je me pissai dessus mais j’arrivais quand même à dire non de la tête. L’ombre la plus petite vint vers moi. C’était une femme, elle était jeune et plutôt jolie. Elle portait encore sa blouse et je distinguais sur son badge « Jenny Lockwood ». C’était une infirmière.

– Il faut partir de l’hôpital. Tu veux venir avec nous ? Nous quittons la ville.

La deuxième silhouette se rapprocha. Il s’agissait d’un homme, plus âgé, dans les cinquante ans. Il me tendit sa main, froide et ferme :

– Je m’appelle Ben. Je suis médecin ici. Enfin, j’étais. Si tu veux partir avec nous, c’est maintenant ou jamais.

                 Jenny m’aida à me relever et je me rappelai ce que m’avait dit ma mère une heure avant dans la journée : trouver un autre groupe et partir d’ici, loin de la ville et toujours être en mouvement. Ni une ni deux, je rassemblai mes affaires et je me mis en route avec eux sans regarder en arrière. Je ne m’arrêterais qu’une fois que j’aurais tué le dernier de ces monstres sur terre.

« Jour 1 – Journal d’une survivante »

Le Chalet – Prequel

31/12/1967 – 17 heures

La neige avait commencé à recouvrir la ville de Bend, en Oregon, de son manteau blanc. La nuit était presque tombée. Toute la ville était en effervescence afin de préparer le réveillon de ce soir. « Le plus froid des dix dernières années », avait annoncé la météo. The Archies ou The Rolling Stones résonnait dans le peu de demeures occupées. En effet, la ville était déserte, la plupart des habitants était partie à la montagne pour les vacances, en famille ou entre amis.

Le Shérif Malone venait de terminer son verre de whisky sans glace. Assis à une table pour quatre Chez Pam, le bar du coin, le Shérif ne pouvait que contempler sa triste solitude pour un samedi soir. Et ce soir plus que n’importe quel autre soir, il ressentait son isolement. Pam allait bientôt fermer. Même une taulière d’une petite ville miteuse des USA avait le droit d’avoir des amis et une famille pour fêter le nouvel an. Le shérif remit son chapeau et ajusta son uniforme, il n’avait pas encore 40 ans et pourtant il avait l’impression d’avoir déjà vécu deux vies. Alors qu’il se levait, la porte s’ouvrit, laissant entrer deux adolescents à l’air arrogant et sûr d’eux. Il aurait pu les reconnaitre entre mille. Leur blouson respectif, l’un de football et l’autre de pom pom girl, ne trompait personne. A peine 18 ans et plus de confiance que lui n’en avait jamais eu. Ils avaient beau être des gamins, c’était plus fort que lui, Malone les détestait.

– M. Le shérif, le salua le jeune Kevin, accompagné d’un clin d’œil insupportable. Sa copine,

Veronica, habillée comme une femme de 30 ans, les atouts avec, ne le regardait même pas. Pas même un coup d’oeil. Il était complètement transparent, elle n’en avait que pour Kevin ou pour elle-même. Le monde ne devait tourner qu’à la vitesse de ses battements de cils. Autrement, le reste ne comptait pas. Même son statut d’autorité n’y faisait rien.

– Pam, je viens chercher ma commande, gueula le jeune homme sans tenir compte de sa présence.

Pam, avec sa délicatesse et son embonpoint, sortit des cuisines, transpirante et manifestement agacée d’être interrompue dans son fourrage de dinde pour ce soir.

– Tu as deux heures de retard, beugla-t-elle encore plus fort que Kevin.

– Désolé Pam, mais tu sais ce que c’est d’organiser une fête pour quinze personnes. On a eu des contretemps.

Pam sortit de derrière elle un immense carton de bières et le posa sur le comptoir. Kevin récupéra ledit carton et s’apprêta à sortir du bar, toujours accompagnée par son arrogante petite amie. Le shérif se racla la gorge, cette fois-ci, il ne laisserait pas passer.

– Un problème monsieur l’argent ? « Quelle connasse obséquieuse » pensa-t-il au moment même où Veronica finissait de prononcer ces mots avec sa voix qui ne tremblait pas d’un pouce.

– Je vous rappelle que vous n’êtes pas majeurs. Je ne peux pas vous laisser partir avec ce carton.

C’était un jeu de pouvoir, il le savait bien. Aucun des deux ados ne semblaient prendre la menace au sérieux.

– Mais Monsieur, ces boissons ne sont pas pour nous, bien sûr. Je viens seulement les récupérer pour mes parents et leur soirée. Vous devriez venir, ça leur ferait plaisir. J’ai d’ailleurs un mot de leur part pour attester de ma bonne foi.

Et voilà que ce dernier le regardait dans les yeux sans sourciller. Il se payait sa tête sans aucun scrupule.

– Très bien, dans ce cas vous ne verrez sans doute pas de problème à ce que je passe contrôler ce soir si tout va bien ?

– Bien sûr, vous serez reçu comme un roi.

Sur ces derniers mots qui se voulaient moqueurs bien évidemment, les deux adolescents sortirent du bar sans se retourner et disparurent dans un vrombissement de moteur trafiqué.

31/12/1969 – 18 :45

Finalement, Malone avait attendu la fermeture du bar. Quand Pam l’avait mis dehors, même elle avait eu un regard de pitié derrière le voile vitreux que tout le monde pouvait voir en général. Il aurait pu appeler sa sœur et demander à venir au dernier moment. Pour sûr qu’elle dirait oui mais franchement en avait-il envie ? La voir elle, son mari Don et ses trois enfants bruyants et sales ? Son bonheur mal affiché et ses meubles ringards ? Et puis soyons franc, il les avait déjà vu pour Noël et c’était bien assez. Il ajusta son manteau et se mit en route en direction de chez lui. La meilleure des décisions. Il longea la gare et s’apprêta à tourner à droite. Alors qu’il marchait un peu au radar, il croisa sur sa route Amy Parker, une gamine du lycée du coin qu’il connaissait bien. Plus jeune il était sorti avec sa mère. Une femme sympa et loyale mais qui n’avait pas bien tourné et tout le monde le savait. Depuis toujours, il s’était pris d’affection pour sa fille qui n’avait rien demandé. Elle portait une robe, un manteau en fausse fourrure blanche et un bonnet assorti. Elle semblait avoir froid. Elle n’habitait pas du tout dans les environs pourtant. Par ce temps et un 31 décembre, c’était étonnant de la voir dans ce coin de la ville.

– Amy, qu’est ce que tu fais là toute seule ?

– Je reviens du centre ville, j’étais partie faire des courses pour ce soir.

Elle ouvrit son sac et lui montra des paquets de confettis et des langues de belle mère à n’en plus finir.

– Il fait presque nuit noire et vu le froid de canard, tu devrais rentrer chez toi. Ta mère va s’inquiéter.

– Ma mère ? Elle est en vacances avec son nouveau mari à Cancun.

– Ah. Qu’est-ce tu fais ce soir alors ?

– Je ne sais pas, sans doute rentrer chez moi. Mais il y a une grosse fête chez les Sanders ce soir, alors je me disais que je pouvais tenter ma chance et y aller. Je n’ai rien à perdre.

– Amy, ces gamins ne sont pas de bonnes fréquentations, tu peux me croire ! Tu veux devenir une dépravée comme …

– Comme ma mère ?

– Ce n’est pas ce que je voulais dire, je suis sincèrement désolé.

Malone était terriblement confus, l’alcool l’avait complètement embrumé et voilà que lui, le shérif, venait d’insulter —ou presque— la mère de cette gamine. Bien joué, tiens !

– Si c’est précisément ce que vous vouliez dire. Mais soyez rassuré, vous n’êtes pas le premier.

Amy lui donna un coup d’épaule pour partir et ne le regarda pas une seule seconde malgré tous ses efforts pour s’excuser. Il la regarda s’éloigner dans la nuit d’hiver. Si elle tournait à gauche, elle prendrait la direction pour rentrer chez elle. Si elle tournait à droite, celle pour aller chez les Sanders. Il savait que la décision qu’elle prendrait serait dans tous les cas, sa faute. Un gamin qui passait par là, lui jeta une boule de neige au visage avant de s’enfuir en courant. Alors qu’il rouvrait les yeux, il savait qu’il avait merdé.

Amy venait de tourner à droite.

Les Noces de Sang – Prequel

« Lord Patrick Winter,

Lord Simon Carter et son épouse Lady Carol Carter,
Sont ravis de vous inviter le 20 juin 1921 à assister à l’union de leurs enfants Henry Carter et Esmée Winter.
Vous êtes conviés à participer à la messe de l’église anglicane de New-York et de les accompagner dans leur chemin d’amour vers Dieu.
Par la suite, Lord Simon et Lady Carol Carter vous invitent à assister aux échanges de vœux suivis d’un dîner placé sous le signe du bonheur et des projets futurs pour les deux familles des futurs mariés.
Réponse attendue avant le 17 avril 1921. »

                 Esmée venait de poser le faire-part à côté de son plateau de petit-déjeuner où tout avait été parfaitement disposé selon ses consignes : un œuf à la coque, trois tartines de pain, un peu de confiture de fraise et un café bien noir. Elle soupira. On venait de lui apporter l’invitation directement après que sa bonne soit allée les chercher chez l’imprimeur. Une centaine allait partir demain et sceller ainsi son destin. Et pourtant, elle n’avait pas encore passé une seule nuit dans la même chambre que son futur époux. Une inquiétude étrange ne la lâchait pas. Comment ferait-elle si ce dernier ronflait comme un sonneur de cloches ?

                 Elle termina son petit-déjeuner et revêtit en hâte une robe de chambre en pure soie et flanelle. Elle se regarda dans le miroir : Henry avait certainement pioché le gros lot. Il le savait et elle aussi. Le tout New-York avait voulu l’épouser : la belle et mystérieuse Esmée, au long cou, aux cheveux blonds et au regard de biche. Henry était tout autant un bon parti, bel homme, riche et ambitieux. Il avait eu aussi beaucoup de prétendantes avant de jeter son dévolu sur Esmée. Mais en même temps, la fin de l’histoire n’avait rien d’étonnant. C’était écrit depuis leur naissance : les meilleures avec les meilleurs. Il n’aurait pu y avoir d’autres fins que celle-ci. Avec son port altier et sa démarche légère, beaucoup de personnes pensaient qu’elle avait des origines européennes.

Esmée aurait dû être heureuse de ce mariage. N’était-ce pas ce qu’elle avait toujours voulu ? Ou ses parents ? Là n’était plus la question. Ce n’était pas le mariage en soi qui la contrariait. Une fête comme une autre. C’était l’après. Elle n’arrivait pas à enlever cet étrange poids qui pesait sur son estomac depuis des semaines. Quelque chose ne tournait pas rond dans tout ce cirque : les fleurs hors de prix, l’orchestre venu de Louisiane, le Chef Français, la vaisselle en porcelaine et la robe faite sur mesure. Dans tout ce défilé de luxe et d’opulence, elle sentait bien que quelque chose d’autre se tramait dans son dos. Elle pensait toute sa vie, et encore aujourd’hui, avoir su jouer toutes ses cartes correctement pour ne jamais perdre la face, toujours s’en sortir. Mais aujourd’hui, elle se demandait s’il n’y avait pas en face d’elle, un plus gros poisson.

                Elle ouvrit le tiroir de la table de nuit sur sa gauche et elle regarda encore une fois le petit mot qu’elle avait reçu, la veille, par coursier.

« Esmée, ma chère. J’ai besoin de vous parler d’une affaire urgente qui ne peut attendre. Avec toute ma sympathie, GM. »

                Esmée descendit les escaliers de sa maison comme une mante religieuse. Elle passa devant le portrait de sa défunte mère. Elle regrettait que cette dernière ne soit plus là pour assister à son mariage. Elle aurait adoré.

Elle ouvrit les portes et fonça en direction des cuisines.
Les domestiques en eurent la bouche grande ouverte de la voir ici, dans ce monde du rez-de-chaussée qu’elle ne visitait jamais.

– Willie, faites moi appeler une voiture au plus vite.
– Bien sûr Madame, où allez vous ?
– Chez Monsieur Montaigne. J’ai besoin d’échanger avec lui et de lui annoncer la nouvelle par moi-même.
– N’est-ce pas à Monsieur Henry de le faire, Madame ?
– Vous connaissiez les hommes Mildred. Ils sont lâches et se défilent. Si j’attends Henry, George l’apprendra en ouvrant son courrier dans quelques jours et je ne souhaite pas que son témoin fasse une syncope avant le Jour J.
– Ce pauvre garçon…
– Il trouvera quelqu’un d’autre, ma chère. Voyez comme il est beau garçon et gentil. Qui plus est je crois qu’il est déjà passé à autre chose, il a demandé à me parler. Peut-être des fiançailles ?

                 Esmée quitta sa domestique sur le perron de la porte d’entrée et remonta l’allée de la grande maison de son père jusqu’à la voiture qui l’attendait un peu plus haut. Sa mère lui manquait. La maison était bien vide depuis sa disparition des années auparavant.

                 Le chauffeur l’aida à monter dans le haut véhicule. Alors qu’elle glissait son deuxième pied fin et délicat dans la voiture, elle ne prit pas le temps de regarder de l’autre côté de la route. Si elle l’avait fait, elle aurait pu apercevoir une silhouette bien connue mais peu amicale, prête à tout pour ruiner ce mariage.

Comment organiser une Murder Party soi-même ?

Organiser une Murder Party, l’idée est tentante et vous aimeriez vous lancer ? Pour autant, l’organisation peut sembler parfois difficile et abstraite. C’est pourquoi nous vous proposons 5 conseils issus de notre expérience qui pourront vous aider dans la mise en place de votre évènement. 🙂

Choisissez un scénario simple et efficace

Plusieurs sites internet proposent des modèles de scénarios à suivre qui pourront vous éviter de devoir l’écrire. Privilégiez si vous débutez, un scénario assez simple avec des indices clairs. Le plus simple est également de choisir un maitre du jeu qui sera en charge de guider la partie si besoin.

Un site internet avec des scénarios à télécharger :
http://www.murder-party.org/

N’oubliez pas de choisir un coupable

Difficile sans coupable de terminer une Murder Party, car ne l’oublions pas, c’est votre objectif premier. Si le scénario choisi ne le prévoit pas, faites un tirage au sort anonyme, ou si l’un d’entre vous est le maitre du jeu, à lui d’attribuer les différents rôles aux invités !

Invitez des personnes fiables et motivées

En effet, une Murder Party repose sur le fait que chaque invité ait un rôle à jouer. Alors si votre meurtrier ou votre témoin clé a décidé qu’il avait mieux à faire le jour J, cela risque d’ébranler l’organisation de votre évènement ! De plus, plus vos invités seront motivés et impliqués, plus le jeu sera amusant et immersif.
Nous vous conseillons pour commencer de ne pas dépasser une dizaine de personnes.

Préparez des indices

Il se peut que si vous choisissiez un scénario sur internet, celui ci ait déjà tout prévu (indices, déroulement… vous n’aurez qu’à choisir un maitre du jeu). Cependant si vous organisez tout vous même, n’oubliez pas pour faciliter le déroulement du jeu de créer quelques indices (fausses lettres, photos…) pour permettre à vos invités de remonter la piste du coupable.

Déguisez-vous !

Si vous le souhaitez, déguisez-vous en fonction du thème que vous avez choisi. C’est ce que nous conseillons chez Madame Renard. Cela permet d’une part une meilleure immersion dans l’histoire mais aussi de permettre à chacun de mieux jouer son rôle… et surtout, dans la plupart des cas, vous vous créerez des souvenirs mémorables !

Les 5 meilleures salles d’ Escape Game de Lyon (selon nous)

Avant toute chose, il s’agit d’un classement subjectif en fonction de nos goûts personnels. Nous nous sommes basés sur l’histoire proposée par les salles, les décors et les énigmes à résoudre.

Pour l’ambiance Pop Culture

Game of room — Demogorgon

Sans doute l’une des salles les plus immersives et palpitantes que nous ayons testé. Si vous aimez les années 80 et la pop culture alors cette salle inspirée de la série Stranger Things ne vous laissera pas indifférente. Décors soignés et technologies recherchées, de nombreux éléments vont vous surprendre et vous plonger dans leur univers. On adore le choix des meubles et les détails poussés au maximum, même là où on ne s’y attend pas. Ambiance musicale et lumineuse soignée, l’ambiance est au rendez-vous.

Pourquoi celle salle est notre coup cœur ?

  • Tout d’abord pour sa durée. Une mission d’1h30. De quoi être encore plus immergé dans l’ambiance. Pour les amateurs de réalisme, cela permet d’être vraiment pris au jeu.
  • De plus la communication avec le maître du jeu est originale et très interactive. Nous ne vous en dirons pas plus pour vous laisser découvrir par vous même.

Pour le réalisme et les décors

A Maze in Game – MISSION B-618 VORONEJ

Plongez vous au cœur d’un sous-marin à la recherche d’un mystérieux objet disparu. Dans cette salle dont la réputation n’est plus à faire, vous serez complètement subjugué par le réalisme des décors et par la richesse des détails et des installations. La présence du maître du jeu reste très discrète afin de nous permettre une immersion totale dans cette ambiance sous-marine. Dès l’entrée dans la salle et jusqu’à la sortie, les décors sont minutieusement pensés et réalisés.

De plus, l’équipe vient d’ouvrir la suite cette première histoire. Une très bonne idée permettant de prolonger davantage l’ambiance au coeur de cet univers. Et pourquoi pas ne pas faire les deux à la suite pour vivre l’histoire dans son intégralité ?

Pour l’originalité des énigmes :

Game Of Room – La Malédiction de Thoumotsis II

Dans cette salle, c’est avec l’Egypte ancienne que vous avez rendez-vous. Vous partez à la tête d’un groupe d’explorateurs au cœur des pharaons et des mystères antiques. Si cette salle nous a particulièrement convaincu, c’est grâce à son caractère original et innovant : point de cadenas ou de codes. Ici, c’est avant tout la manipulation, la réflexion et la cohésion d’équipe qui vous sauveront. Une manière différente et originale de résoudre des énigmes. Nous avons été surpris à plusieurs reprises dans le déroulé de l’aventure et avons été bluffés notamment par les mécanismes technologiques et innovants mis en place.

N’en doutez pas, si vous rêviez enfant de devenir explorateur ou archéologue comme Indiana Jones alors cette salle est faite pour vous.

Pour les frissons :

Closed Escape Game – La disparue

La Disparue est la première salle d’horreur lyonnaise. Ni une ni deux, nous voilà lancé dans l’aventure en tant qu’amateurs de films d’horreurs et de frissons. La salle de la Disparue est très bien exécutée, les décors, l’ambiance sonore, les effets de lumière et les espaces exiguës vous plongent de suite dans une ambiance effrayante. Les surprises (ou plutôt les sursauts) ont été au rendez-vous. La présence du maître du jeu est intelligemment mise en place et tout est fait pour vous placer dans des situations anxiogènes et on adore ! L’ambiance est soignée, les détails sont travaillés pour rapidement vous plonger dans la maison de Mama Cortez, qui n’est pas du tout très accueillante.

Pour débuter :

GAME OVER – Jack l’éventreur

Si le thème très anglo-saxon de « Jack l’éventreur » nous avait tout de suite interpellé, Game Over a réellement réussi des décors immersifs et à la hauteur d’une ambiance londonienne. Pas de Timer stressant mais des détails poussés et réalistes qui ne manqueront pas de vous surprendre.
De plus, les énigmes sont originales tout en étant très abordables et accessibles. On note également l’accueil de l’équipe extrêmement sympathique et bienveillante qui prendra plaisir à échanger avec vous.
Si vous êtes débutants, ou si il s’agit de votre première salle, alors celle-ci pourrait parfaitement correspondre à vos attentes.